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Les données de la situation économique en 2011

Les éléments structurels

L’archipel capverdien est largement dépendant de l’extérieur, tant pour ses ressources financières (aide au développement, transferts financiers et matériels de la diaspora) que pour ses approvisionnements (importations). Chaque année, le pays doit importer près de 85% de ses besoins en produits alimentaires.

Le Produit Intérieur Brut (estimé à 1 621 M USD en 2010) est dominé par les activités de service dont le tourisme et le commerce d’importation. Il est divisé comme suit : 75% pour le secteur tertiaire 15% pour le secondaire et environ 10% pour le secteur primaire.

- Les services sont constitués essentiellement par les importations, les transports, l’hôtellerie et les télécommunications (environ 70 000 lignes fixes et plus de 300 000 mobiles) qui sont en progression constante.

- Le tourisme (287 000 touristes en 2009) représente 18% du PIB et offre des perspectives prometteuses, surtout lorsque les infrastructures portuaires et aéroportuaires seront à la hauteur des espoirs et que l’hôtellerie et la restauration offriront le service attendu d’une clientèle internationale.

- L’agriculture, environ 10% du PIB, offre des perspectives limitées et a besoin de projets novateurs tels que l’hydroponie (hors sol) et l’irrigation au goutte à goutte pour faire face aux contraintes climatiques.

- La pêche représente environ 2% du PIB mais elle affiche un fort potentiel d’expansion, particulièrement depuis que l’Union Européenne a levé, en 2005, son interdiction d’importer du poisson capverdien.

- L’industrie (8% du PIB) peut connaître un développement dans les activités manufacturières et les activités de sous-traitance, en particulier avec les facilités accordées par l’African Growth and Opportunity Act - AGOA.

Le taux de croissance de l’économie est élevé et se maintiennent autour de 5% par an. La croissance du PIB avait atteint 10,8% en 2006. Mais les effets de la crise internationale se sont fait sentir sur cette économie fortement dépendante de l’extérieur, la croissance a chuté à 5,9% en 2008, à 4,1% en 2009. Cependant, l’activité a repris un bon rythme en 2010 avec une estimation de 5,5% de croissance du PIB (Ministère des finances).

Cette croissance est le fruit du dynamisme de l’investissement direct étranger (80% de l’investissement total) provenant généralement de capverdiens de l’extérieur et destiné à l’immobilier et aux infrastructures touristiques.

L’inflation était en nette progression en raison de la facture pétrolière. 4,5% en 2007 alors qu’elle n’était que de 0,9% en 2004. Le prix du pétrole et des céréales expliquait cette montée de l’inflation. Cependant, elle a été ralentie suite à la crise économique grâce à la baisse du prix du pétrole et des matières premières sur le marché international. Elle est passée de 6,8% en 2008 à 1% en 2009. L’Institut National des Statistiques (INE) a publié le chiffre de l’inflation pour 2010 qui se situe à 2,1%.

En 2010, le PIB par tête est estimé à 3 298 USD. En 2009, le PNUD estime que la valeur de l’indicateur du développement humain (IDH) du Cap-Vert est de 0, soit le 118ème rang sur 169.

Malgré ce contexte de croissance, on constate que le taux de pauvreté ne diminue pas proportionnellement. En effet, la croissance de l’économie concerne des secteurs qui ont un impact insuffisant sur la création d’emplois au sein des populations les plus démunies : le tourisme, les industries de services, le secteur financier, les transports et la communication. Le poids du secteur primaire, en particulier, celui de l’agriculture, est en constante diminution alors que c’est ce secteur qui concerne les plus pauvres. Dans ces conditions les inégalités s’aggravent.

Les politiques publiques doivent viser l’augmentation de l’emploi pour réduire le taux de chômage estimé à 20% de la population active et la réduction des inégalités de revenus dans l’ensemble des îles.

Le gouvernement travaille actuellement à la mise en place d’un salaire minimum, jusque là inexistant.

L’aide publique au développement et les transferts des émigrés permettent de combler la quasi absence d’épargne domestique et de favoriser l’investissement. Consulter l’article sur l’intervention des bailleurs.

Les migrants (estimés à 700 000 personnes) font des transferts annuels représentant approximativement 90 M EUR par an. Les transferts provenant de la France représentent environ le quart (20 M EUR) du montant global alors que la population est estimée à 6 % de la totalité de la diaspora (environ 30 000 personnes enregistrées). En 2009, la France est le deuxième pays à envoyer des remises après le Portugal (respectivement 20 et 28 M EUR). Suivent les USA et les Pays-Bas avec 14 et 8,4 M EUR.

Le commerce extérieur est structurellement déficitaire. Le déficit de la balance commerciale capverdienne a poursuivi sa dégradation jusqu’en 2008, amorcée depuis plusieurs années. Il s’est légèrement amélioré en 2009 (réduction de 10,5%) grâce à l’augmentation des exportations (+10,4%) et la baisse des importations (-9,6%), et s’élève en 2009 à 483 M EUR soit 42% du PIB (57% en 2007, 47% en 2008)

Les achats de l’archipel se composent essentiellement de biens d’équipement et de transport, d’hydrocarbures et de produits alimentaires tandis que les recettes proviennent des services liés au tourisme, de la réexportation de biens et de la vente poisson. Le Portugalest le principal partenaire commercial de l’archipel (suit l’Espagne) avec 47% des importations et 58% des exportations, mais le pays tente de diversifier ses fournisseurs. Les échanges entre la France et le Cap Vert restent très limités si l’on exclut les achats occasionnels dans le secteur de l’aéronautique (ventes de 3 ATR en 2007). Le montant des échanges entre les deux pays était de 36,4 M EUR en 2007 et de 10,5 M EUR en 2010.

Selon les estimations, les dépenses totales et les prêts nets se sont chiffrés à 38% du PIB en 2009 ces contractions ont ramené le déficit budgétaire global (dons compris) à 9% du PIB. Le budget 2010 prévoit un déficit budgétaire d’environ 12%. Ce déficit n’inquiète que peu la communauté internationale puisqu’il se justifie par le colossale PIP (Programme d’Investissement Public) prévu pour 2010. Le Cap-Vert mise sur le long terme et investit donc massivement dans les infrastructures (ports et aéroports, routes, énergie, eau et assainissement).

La monnaie nationale, l’escudo capverdien, est arrimé à l’euro à parité fixe au taux de 110,265 escudos pour un euro. En hausse constante, les réserves internationales brutes atteignent fin 2009, 263,1 M EUR soit l’équivalent de 4,4 mois d’importation.

Pour maintenir la stabilité du taux de change, le Cap-Vert se doit d’aligner sa politique monétaire sur celle de l’Union Européenne notamment en maintenant son taux d’inflation à un niveau proche de celui de l’Union européenne et en gardant son taux d’intérêt au dessus de celui de la zone de référence pour limiter la sortie de capitaux. La Banque centrale est vigilante sur le respect des équilibres externes qui assurent le maintien de la parité avec l’euro et dont dépend la pérennité des flux de transferts de la diaspora.

Le Cap-Vert a reçu 114 M EUR de flux nets d’aide publique au développement (APD) en 2009. L’aide extérieure (dons et prêts) devrait atteindre 226 M EUR en 2010. Cette hausse majeure est due au fait que le pays est en période de transition avant d’accéder définitivement au statut de Pays à Revenus Intermédiaires (PRI). Il profite de cette période pour bénéficier encore de prêts concessionnels. Grande partie de ces aides servent à financer le PIP 2010, Programme d’Investissement Public.

En effet, en raison de son niveau intermédiaire de PIB, le Cap-Vert a quitté le 1er Janvier 2008, la catégorie des Pays les Moins Avancés (PMA) pour entrer dans celle des PRI ou Pays à Développement Moyen (PDM).

La transformation de l’économie et la modernisation de la société doit rendre davantage compétitif ce pays aux faibles ressources naturelles.

Quatre piliers soutiendront cette politique :

- Le développement du tourisme. Le taux annuel de croissance depuis les 8 dernières années est de 11,4%. Le nombre de chambres est passé de 4.500 en 2005 à 6 367 en 2009 (+3,2% par rapport à 2008). D’importants investissements sont réalisés à SAL, BOAVISTA, SAO VICENTE et MAIO. Les investissements, jusque là majoritairement italiens et portugais, tendent à se diversifier avec une forte progression des investissements anglais. En 5 ans (2002 à 2007), l’investissement étranger s’est multiplié par trois au Cap-Vert. C’est le secteur de l’immobilier touristique qui en a le plus bénéficié.

- La valeur ajoutée aux ressources halieutiques. Si la pêche artisanale offre peu de perspectives, le fort potentiel de la pêche commercial permet aux autorités capverdiennes de prétendre que l’île de São Vicente va devenir le centre régional de transformation et d’exportation des ressources halieutiques. Le potentiel global théorique estimé par la FAO est entre 33 000 et 42 000 tonnes/an et le marché chinois semble être un des principaux débouchés.

- La valorisation de ses infrastructures portuaires. Le Cap-Vert est l’un des rares pays de la Région à posséder trois ports internationaux (Mindelo, Palmeira et Praia) aux normes ISPS et quatre aéroports internationaux (Mindelo, Sal, Praia et Boa Vista). Le gouvernement souhaite créer des Hubs pour le transport des personnes et des marchandises d’autant que le pays est au carrefour de trois continents. Il investit donc massivement dans la rénovation et la modernisation des ports (Programme d’Investissement Public de 281 M EUR pour 2010 dont 48% dans les infrastructures de transport)

- L’offre de services modernes et attractifs. Avec le développement des technologies de l’information et son réseau moderne digne d’un pays développé, le Cap-Vert peut devenir une plate-forme pour les services financiers et les télécommunications des pays du Nord. Déjà à l’ère de l’administration électronique, le NOSI (Noyau opérationnel des systèmes d’information) exporte son savoir-faire sur le continent africain.

Après avoir reçu le feu vert pour son accession à l’OMC, en décembre 2007, le Cap-Vert est devenu, le 23 juillet 2008, le 153ème membre de l’organisation mondiale du commerce.

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