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La France et la construction européenne

Depuis 1945, la construction de l’Europe s’est constamment trouvée au coeur de la politique étrangère française. Trois considérations ont fait de ce grand dessein une priorité : la volonté de mettre un terme aux conflits qui, par deux fois en trente ans, avaient déchiré le continent européen et affaibli la France ; la nécessité, dans le contexte de la guerre froide, d’asseoir la stabilité et de garantir la sécurité des Etats démocratiques situés à l’ouest du rideau de fer ; le souci, enfin, de construire un espace économique homogène, adapté aux conditions modernes de production, garantissant la prospérité des peuples européens.

9 mai 1950 : Au lendemain du 5ème anniversaire de l’armistice mettant fin à la 2ème guerre mondiale sur le front occidental, le Ministre français des Affaires Etrangères, M. Robert Schuman, lance un appel au rapprochement franco-allemand, dans le salon de l’horloge du Quai d’Orsay. Cette date a été choisie comme le point de départ de la construction européenne et désormais, le 9 mai de chaque année, est célébrée la "Journée de l’Europe".

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CECA, 1951

Robert Schuman et Jean Monnet, ont fait le pari d’organiser entre les Etats une solidarité économique en vue de hâter un rapprochement politique. Dans cette perspective s’est constituée le 18 avril 1951 la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), dont les institutions serviront de modèle au développement de la construction européenne. Le 25 mars 1957, les six Etats-membres de la CECA, Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, signent le traité de Rome instituant la Communauté économique européenne (CEE). Ces pays s’engagent à lier leur destin économique, en abolissant entre eux toute barrière douanière et en organisant une politique agricole commune (PAC).

Lors de son accession à la Présidence de la République, en 1958, le général de Gaulle affirme sa volonté de poursuivre dans cette voie. Durant les trois décennies suivant la conclusion du traité de Rome, la France participe ainsi activement aux progrès réguliers de la construction de l’Europe. A l’union douanière succède, le 1er janvier 1973, sous Georges Pompidou, un premier élargissement de la Communauté, à trois nouveaux membres : le Royaume-Uni, le Danemark et l’Irlande. Les années soixante-dix sont marquées par d’importantes réformes politiques, la création du Conseil européen (réunissant les chefs d’Etat ou de gouvernement) et l’élection des membres du Parlement européen au suffrage universel, ainsi que par l’élaboration du Système monétaire européen (SME), à l’initiative du président Valéry Giscard d’Estaing et du chancelier allemand Helmut Schmidt. Bientôt, la volonté d’aider les régimes démocratiques du sud de l’Europe appelle un nouvel élargissement : la Grèce intègre la Communauté en 1981, l’Espagne et le Portugal en 1986. Enfin, sous l’impulsion de François Mitterrand, d’Helmut Kohl et de Jacques Delors, président de la Commission, l’Acte unique est adopté en février 1986. Son objectif est de créer un véritable grand marché européen, garantissant la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libre prestation des services, sur le territoire de la Communauté.

Le traité de Maastricht signé en 1992 crée la Communauté Européenne le 1.11.1993.

En 1995, la communauté s’élargit vers le nord (Suède, Finlande, Autriche). Les accords de Schengen entrés en vigueur le 26 mars 1995, et l’Union Economique et monétaire (Euro le 1.11.1999) illustrent les progrès dans le sens de la libre circulation. Le traité d’Athènes du 16 avril 2003 élargit l’espace à dix nouveaux pays, puis le 1er janvier 2007 la Roumanie et la Bulgarie rejoignent les rangs de l’Union.

Le rejet par référendum du Traité établissant une constitution pour l’Europe en France, le 29 mai 2005 et aux Pays-Bas, le 1er juin 2005 donne un coup d’arrêt au processus d’intégration. Le Traité de Lisbonne signé le 13 décembre 2007, transforme l’architecture institutionnelle de l’Union Européenne. Il est entré en vigueur le 1er décembre 2009. Il crée notamment un président du Conseil Européen (le premier titulaire et M. Herman Von Rompuy) et un "Haut Représentant de l’Union pour les Affaires Etrangères et la politique de sécurité" (Mme Catherine Ashton sera désignée). La crise monétaire et financière (notamment en Grèce) dite crise de la dette souveraine met à nouveau à rude épreuve la construction Européenne en 2012.

Lien utile :

- L’Europe
Dossier complet sur le site du ministère des Affaire étrangères.


publié le 21.11.2012

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