Le Cap-Vert est constitué de dix îles dont neuf habitées et de treize îlots d’une superficie globale de 4 034 km2. Cet ensemble est traditionnellement divisé en deux groupes :
Les îles au vent Barlavento : Santo Antão ( 779 km2), São Vicente ( 227 km2), São Nicolau ( 343 km2), Santa Luzia ( 45 km2), Sal ( 216 km2) et Boa Vista ( 620 km2). Elles sont situées au nord de l’archipel.
Les îles sous le vent Sotavento : Brava ( 67 km2), Fogo ( 476 km2), Santiago ( 991 km2) et Maio ( 269 km2). Elles sont les plus méridionales.
Archipel le plus au Sud de la Macaronésie, qui comprend aussi les Açores, Madère et les îles Canaries, il est le seul de cet ensemble à ne pas appartenir à l’Union européenne. L’Espagne a une frontière maritime avec le Cap-Vert. La plus courte distance des côtes sénégalaises est de 580 km, tandis que les îles Canaries sont distantes de 1 400 km. La disposition des différentes îles accentue sa position stratégique avec une zone économique exclusive de près de 700 000 km2.
Le sol du Cap-Vert est d’origine volcanique, sans ressources minières connues. Les îles les plus anciennes qui sont plates et sablonneuses (Sal, Boa Vista et Maio) se trouvent à l’est tandis que le relief des autres îles est accidenté, avec parfois des pics qui s’élèvent au-delà de 1 400 mètres. Le volcan de Fogo avec ses 2829 m est le point culminant de l’Afrique de l’Ouest. Sa dernière éruption remonte à 1995.
Situé dans la partie septentrionale de la zone sahélienne, le Cap-Vert présente un climat tropical sec qui peut parfois être atténué par les vents et l’altitude. La température moyenne est de 24° avec une faible amplitude thermique au cours de l’année. Les précipitations sont faibles et irrégulières. Elles sont largement corrélées au relief, puisque les précipitations annuelles ne dépassent pas 300 mm sur les 65% des terres situées à moins de 400 m d’altitude, alors que les zones d’altitude faiblement exposées aux vents peuvent bénéficier d’une précipitation annuelle supérieure à 700 mm. Ces indicateurs pluviométriques restent relatifs car les pluies s’échelonnent sur 15 à 25 jours en zones arides et semi-arides et sur 45 à 55 jours en zones sub-humides et humides, soit généralement moins d’un mois du cycle agricole. La saison des pluies est de 4 mois (juillet à fin octobre).
Outre la faiblesse des ressources hydriques, les îles du Cap-Vert n’ont pas suffisamment de terres arables. On estime que celles-ci ne constituent que 10 % de la superficie totale du pays. De ce fait, le Cap-Vert est confronté à un déficit alimentaire structurel. L’ensemble de la production agricole et halieutique ne dépasse guère 15% des besoins nutritionnels du pays. L’importance de l’aide internationale et la forte émigration en sont les conséquences directes.
Selon le dernier recensement de 2010, l’archipel a une population globale de 491 575 habitants soit une densité d’environ 100 habitants au km2. Le taux de croissance démographique est estimé à environ 1,2% par an (contre 2% en moyenne durant la décennie précédente). Les femmes représentent 50,5 % et les hommes 49,5%. La population est désormais majoritairement urbaine (55,2) et l’Ile de Santiago concentre près de 55 % de la population de l’archipel. Praïa, la capitale (Santiago), représente environ le quart de la population de l’archipel.
La population capverdienne est en transition démographique depuis les années 1980. L’indice synthétique de fécondité a diminué de 7,1 enfants par femme en 1980 à 3 enfants par femme en 2008. Ce processus s’observe tant dans les zones urbaines que rurales. La mortalité est passée de 11 décès pour mille habitants durant la décennie 1960 à 10 durant la décennie 1970, à 8 durant la décennie 1980 et à 5,6 décès pour mille dans la décennie 1990. L’amélioration de l’espérance de vie est significative. Elle est passée de 56,3 ans en 1970 à 72 ans en 2008. Une forte différence est constatée entre celle des femmes (76 ans) et celle des hommes (68 ans). L’amélioration de l’espérance de vie ne s’est pas encore traduite par un vieillissement marqué de la population. Les jeunes de moins de 15 ans représentent (en 2010) 31,6% de la population contre 45% en 1990 et les plus de 65 ans sont désormais 8,5 % de la population.
Le taux d’alphabétisation est de 78%en 2006.
En dépit d’une forte croissance économique et de bons indicateurs macroéconomiques, la pauvreté continue de toucher une partie importante de la population. En 2002, 36,7% de la population vivait dans un état de pauvreté et 19,7% vivait dans un état d’extrême pauvreté. Elle se concentre dans les îles de Santo Antão (54%), Fogo (42%), Brava (40%) et São Nicolau (40%). Le coefficient de GINI qui traduit l’ampleur des inégalités dans la distribution des revenus, est passé de 0,43 en 1989 à 0,59 en 2007. Cependant et selon les données récentes de l’Institut National de Statistiques (INE), le taux de pauvreté au Cap-Vert a chuté de 19.88% en six ans, passant de 36,2% en 2001 à 26,6% en 2007.
Le Cap-Vert a toujours connu des mouvements migratoires, chaque île ayant jadis des préférences pour une destination. On estime que la diaspora est un peu plus nombreuse que la population de l’archipel. Les principales communautés sont aux Etats Unis d’Amérique (Région de Boston, Bedford, Providence et New York) avec environ 260 000 personnes, au Portugal (environ 100 000 ), aux Pays Bas (Rotterdam) avec environ 35 000 personnes, au Sénégal (30 000 personnes) et en France (30 000 personnes). Ces communautés participent à la vie politique du pays (les capverdiens de l’étranger élisent six députés à l’Assemblée Nationale) mais aussi à la vie économique grâce à leurs transferts financiers qui permettent de combler l’absence d’épargne domestique et de favoriser les investissements. Ces transferts de l’émigration représentent un peu plus de 10% du PIB.
